À Domèvre-sur-Avière, on vend du sapin vosgien !

Dans la majorité des grandes surfaces ou dans les stands de rue d’Épinal, les sapins viennent de l’étranger (principalement du Danemark ou de Belgique). En France, c’est le Morvan qui est la principale région productrice de sapins. Pourtant dans les Vosges, dont le sapin est l’un des emblèmes, il existe également de nombreux producteurs.

À Domèvre-sur-Avière, les sapins des frères Béclier sont 100 % bios et locaux. Photo VM/Philippe BRIQUELEUR

À 15 minutes de route d’Épinal, à Domèvre-sur-Avière, les frères Béclier, Eric et Nicolas, gèrent leur propre sapinière : « On s’est associé avec mon frère en 2012, pour reprendre l’affaire lancée par notre père il y a 30 ans», raconte Nicolas. Une affaire de famille, donc, d’autant plus que les sapins sont entreposés dans une cabane au bord de l’Avière, initialement l’atelier de menuiserie de leur grand-père. On y trouve des sapins de différentes sortes (Nordmann ou épicéa) et de toutes les tailles, allant de 50 centimètres jusqu’à trois mètres.

Des sapins locaux et bios

Impossible de faire plus local. La parcelle où ils cultivent leurs sapins se situe à seulement un kilomètre de l’entrepôt. Tout au long de l’année, sur leur temps libre, les deux frères doivent s’occuper de l’exploitation : enlever les mauvaises herbes et les ronces, redresser les branches qui poussent de travers… Tout se fait sans produits chimiques, à la seule force mécanique. « On a clôturé le terrain pour éviter que les chevreuils ne viennent manger les jeunes épines et n’abîment l’arbre » explique Eric. Mais cela a un prix. Seulement un sapin sur cinq est exploitable. Mais cela semble plaire puisque les clients reviennent chaque année.

E.K.

Les sapins artificiels, pour s’enlever une épine du pied

Depuis le début du mois de novembre, les magasins déballent leurs articles de Noël. Chez « Ma Jardinerie », Véronique et Pierric ont commencé il y a deux mois à installer les rayons de Noël qui s’étendent désormais sur une bonne partie du magasin, sans compter l’espace extérieur où sont suspendus les sapins naturels. Dans un petit coin, une dizaine de sapins artificiels forment une mini-forêt où, même si les sapins sont artificiels, on différencie les espèces : Nordmann, épicéa, floqué de neige tout aussi artificielle ou simplement vert, chacun y trouvera son bonheur. « Les gens choisissent généralement tout blanc ou tout vert. Le floqué est un peu passé de mode », observe Véronique. Cette semaine, elle a déjà dû démonter un sapin de son décor, car c’était le dernier en stock : « On est dans une région où les gens veulent leur sapin pour la Saint-Nicolas », analyse-t-elle.

Au magasin Botanic, les sapins artificiels sont tendance cette année : et il y en a pour tous les goûts. Photo VM/Eric THIEBAUT

Au magasin Botanic aussi, on propose à côté des sapins naturels des sapins artificiels. Un dizaine d’euros pour les plus petits et jusqu’à près de 300€ pour les plus grands (qui peuvent mesurer plus de deux mètres ) et les plus réalistes. « C’est un investissement, admet Cédric Munier, le directeur du magasin, mais qui est rentabilisé généralement au bout de 10 ans ». C’est aussi la durée qu’il faut pour que son impact environnemental soit plus intéressant qu’un sapin naturel, d’après l’association 60 millions de consommateurs.

Au contraire, à la Foir’Fouille, pas de sapins naturels mais uniquement de l’artificiel. Si les prix commencent à partir de 10 €, il existe différentes gammes : « On a déjà écoulé tout notre stock de grands sapins », explique le responsable du magasin.

E.K.
Publié dans Vosges Matin le 6 décembre 2019

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