Bertrand Piccard : « Il faut lâcher du lest pour prendre de l’altitude »

Le médecin et aéronaute suisse Bertrand Piccard était à Épinal ce vendredi à l’invitation du Centre des jeunes dirigeants (CJD) pour leur traditionnelle soirée Prestige. Face aux 2 000 personnes présentes dans la salle du Centre des Congrès, il a délivré un message politique mais aussi philosophique.

Le scientifique et entrepreneur Bertrand Piccard s’est exprimé face à 2 000 personnes au Centre des congrès.  Photo VM /Jérôme HUMBRECHT

Le Centre des congrès d’Épinal était plein vendredi soir. 2 000 membres du CJD, chefs d’entreprise et autres curieux avaient fait le déplacement non pas pour applaudir une rock star ou un quelconque humoriste mais pour écouter Bertrand Piccard. Le savanturier – un mot-valise entre savant et aventurier – qui a fait le tour du monde une première fois en ballon (et sans escale) en 1999 puis à bord de son avion solaire le Solar Impulse est toujours engagé dans la lutte écologique et fait aujourd’hui partie des 31 membres du One Planet Lab initié par le président Macron.

« On nous prenait pour Dumbo »

Face aux chefs d’entreprise vosgiens, l’aéronaute et aviateur a délivré un message à la fois politique et philosophique tout en racontant son histoire. Il en a profité pour donner des conseils inspirants applicables tant à la gestion d’une entreprise qu’à la vie en général, comme le fait de changer de paradigme : « Il faut lâcher du lest pour prendre de l’altitude » a-t-il martelé tout au long de son intervention, en comparaison avec son tour du monde en ballon. Le meneur de projets a également fait part de ses échecs et des difficultés qu’il a pu rencontrer dans son projet du Solar Impulse  : « Personne n’y croyait. On nous prenait pour Dumbo car notre avion ne respectait pas les proportions classiques des autres avions ».

Une économie verte performante

En août dernier, le scientifique originaire de Lausanne était invité à s’exprimer dans le cadre du G7 organisé à Biarritz pour y parler du développement de la mobilité propre et la décarbonisation du secteur des transports. Le visionnaire souhaite rompre avec les messages alarmistes quant à l’avenir de la planète et se veut optimiste sur notre impact environnemental : « La défense de l’environnement peut être rentable, peut créer des emplois et sans faire de sacrifices. C’est ce à quoi je pensais aux manettes du Solar Impulse  ». Aujourd’hui, l’homme de 61 ans poursuit son combat écologique les deux pieds sur Terre.

Un partenariat avec le Grand Est

Au travers de sa fondation Solar Impulse , Bertrand Piccard a signé un contrat avec la région Grand Est afin d’aider les entreprises à développer des projets écologiques. Mille dans le monde entier : « Le but est que des solutions proviennent de la région Grand Est et puissent être utilisées dans le reste du monde. Et inversement, que les technologies du monde entier puissent être appliquées dans le Grand Est », a-t-il affirmé avant d’appeler les chefs d’entreprise présents dans la salle à présenter leurs projets. Les projets seront ensuite étudiés selon des critères de faisabilité technique, des critères écologiques et des critères de rentabilité économiques afin d’obtenir un label «  Solar Impulse Solution  » et les proposer aux gouvernements pour faire avancer la question écologique.

Emile KEMMEL
Publié dans Vosges Matin le 23 novembre 2019

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