Catastrophe de Rouen : et si ça arrivait dans les Vosges

Dans la nuit du 25 au 26 septembre, l’usine Lubrizol de Rouen a connu un terrible incendie, créant un impressionnant panache de fumée au-dessus de la ville. Classée « Seveso seuil haut », ce n’est pas la seule en France, la société Primagaz de Golbey fait égale- ment partie de la liste.

Les 3 sites industriels classés Seveso dans le département des Vosges : Finagaz, Norke Skog et Shepherd. Inforgraphie ER

Il existe dans les Vosges 3 sites qui possèdent la classification Seveso en raison des risques industriels qu’ils représentent. Cette directive de l’Union européenne, datant de 1982 et révisée en 1996 puis en 2012, vise à prendre des mesures de protection des personnels, des populations proches, des biens et de l’environnement.

On distingue deux niveaux, seuil haut et seuil bas, afin que les mesures soient adaptées à la taille et au type d’établissement grâce à une étude des dangers réalisée pour chaque établissement. Ils sont ensuite notamment soumis à des contrôles fréquents des installations et des exercices de simulation.

Comme l’usine Lubrizol de Rouen, il existe environ 1 300 sites Seveso en France, dont 3 dans les Vosges.

3 sites classés dans le département

Le dépôt relais Finagaz de Golbey est le seul site des Vosges à être classé en seuil haut. Et pour cause, il exploite deux réservoirs de 400m3 de gaz de pétrole liquéfié (GPL) soit 415 tonnes de propane liquéfié, le seuil haut étant placé à 200 tonnes. Un des principaux risques est l’incendie et l’explosion des réservoirs de propane. Des exercices de sécurité sont à réaliser tous les 5 ans, mais sont réalisés à une moyenne de 3 ans. Le dernier en date remonte à mars dernier. Ils mettent en œuvre les services de l’État, la sécurité civile, l’exploitant, la police nationale et municipale pour un exercice dans des conditions réelles d’accident. De plus, la municipalité de Golbey fait savoir qu’elle a pris des mesures drastiques pour les 3 bâtiments situés dans la zone de délaissement : le pavillon Guerard et la maison éclusière ont été rachetés par la ville puis démolis. Le bâtiment de formation NSG devrait connaître le même sort très prochainement.

Toujours à Golbey, la papeterie Norske Skog, qui fabrique notamment le papier de nos journaux, fait aussi partie des sites classés Seveso, mais cette fois-ci en seuil bas, en raison de la présence d’un dépôt d’eau oxygéné utilisé pour le blanchissement de la pâté à papier. Le risque de pollution est cependant limité, les zones d’effet en cas d’accident ne sortant pas du site.

Enfin, la société Shepherd de Juvaincourt est également concernée. L’usine fabrique des catalyseurs chimiques et stocke pour cela sur son site des liquides inflammables. La zone de danger est cependant limitée, l’entreprise étant éloignée des zones d’habitation. Elle est donc classée en seuil bas.

En cas d’incident…

En cas d’incident sur l’un de ces sites, un plan d’opération interne (POI) est déclenché permettant de définir les mesures d’organisation et les méthodes d’intervention à mettre en œuvre. En cas de conséquences extérieures, c’est le Préfet qui prend le relais en déclenchant cette fois le plan particulier d’intervention (PPI). La population est alors prévenue par une sirène située sur le site. Il est alors demandé de se mettre à l’abri dans le bâtiment le plus proche. « C’est le réflexe immédiat le plus efficace », précise la préfecture.

Emile KEMMEL
Publié dans Vosges Matin le 2 octobre 2019

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