La musique comme évasion pour les enfants autistes

Comme le dit le proverbe, la musique adoucit les mœurs. À l’école d’Enseignement musical vosgien (EMV) d’Épinal, Syri et Cédric en font l’expérience avec des enfants autistes grâce à la méthode Dolce, un moyen pour ces enfants de sortir de leur bulle.

Syri et Cédric accueillent une dizaine d’enfants autistes, de 7 à 14 ans, dans leur école de musique de la rue de la Préfecture. Photo VM/Jean-Charles OLE

Les deux frères ont ouvert leur école de musique à Épinal en 2015. Syri, le premier qui utilise un nom d’artiste, s’occupe des cours de piano, de chant, de guitare ou encore d’éveil musical ; Cédric, le second, s’occupe des cours de violon. « Un jour, une maman est venue nous demander si on donnait des cours pour enfants autistes. C’est en me renseignant que j’ai découvert la méthode Dolce », raconte Syri.

La méthode Dolce, quèsaco ?

La méthode voit le jour dans les années 2000 suite à la loi pour l’égalité des droits et des chances des personnes handicapées. Élaborée par Françoise Dorocq, professeure de musique et psychologue, la méthode Dolce vise à ouvrir le monde de la musique aux enfants atteints de troubles autistiques.

Les deux Spinaliens font partie des 80 professeurs de musique en France à avoir obtenu la formation délivrée par l’association Autisme, piano et thérapie éducative (APTE). Et la méthode remporte un franc succès : « À Épinal, j’ai une dizaine d’élèves âgés de 7 à 14 ans », s’étonne lui-même Syri, qui a fait une formation en psychologie avant de devenir musicien professionnel dans les pianos-bars.

« Entrer dans la bulle »

La méthode nécessite un long travail et beaucoup de patience, tant pour les élèves que pour les professeurs : « Elle permet d’entrer dans la bulle des autistes. Il faut nouer une relation de confiance avec eux », explique Syri.

« Les enfants autistes n’ont pas conscience de leur corps. Jouer de la musique permet de leur faire prendre conscience de leur corps », poursuit son frère, tout en montrant quelques exercices de rythme qu’ils pratiquent avec leurs élèves, comme se taper sur les cuisses ou simplement numéroter les doigts tout en les touchant.

« Mon plus beau cadeau, c’est quand l’élève est content de venir à la séance », se réjouit Syri. Les deux frères ont maintenant un objectif : intégrer les élèves handicapés aux autres élèves de l’écoles de l’école pour un concert lors de la fête de la musique.

Emile KEMMEL
Publié dans Vosges Matin le 23 novembre 2019

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