L’association « Lire et faire lire » à l’ouvrage dans les écoles depuis 20 ans

Depuis 20 ans, l’association « Lire et faire lire » intervient dans les écoles pour promouvoir la lecture chez les enfants et leur donner le goût de la lecture. Un moyen aussi de créer des liens intergénérationnels entre retraités et écoliers.

Nicole Ottenad-Seelig intervient chaque vendredi à l’école Sainte-Thérèse de Metz pour lire un livre avec les élèves de CE1 de la classe de Robert Logé. Photo RL /Karim SIARI

L’association Lire et faire lire a été créée en 1999 par le romancier Alexandre Jardin. Le but ? Lutter contre l’illettrisme. Si l’on a tendance à penser que l’illettrisme remonte à un autre temps, il est pourtant encore d’actualité aujourd’hui en France. Selon une étude publiée en 2016 par le Centre national d’étude des systèmes scolaires (CNAM), ils seraient seulement un tiers des élèves en capacité de repérer les idées essentielles d’un texte pour le résumer, à la fin de l’école primaire.

Pour donner le goût de la lecture aux plus jeunes, les bénévoles de l’association interviennent au moins une fois par semaine dans les écoles pour des ateliers de lecture avec les enfants dans de petits groupes, chose impossible pour un enseignant.

« Je leur apporte une bulle extrascolaire »

En Moselle, ils sont 180 lecteurs bénévoles (et plus de 20 000 sur l’ensemble du territoire) comme Nicole Ottenad-Seelig à Metz qui se rend chaque vendredi après-midi à l’école Sainte-Thérèse : « Je ne suis pas un appoint à la mission pédagogique de l’enseignant. Je leur apporte une bulle extrascolaire dans leur milieu, pour leur donner le goût de la lecture. Et j’y prends moi-même beaucoup de plaisir », s’enthousiasme la retraitée qui a rejoint l’initiative il y a six ans. « Les séances sont souvent assez animées, les enfants sont très divers, et j’ai l’avantage de travailler avec des petits groupes. Des fois ils me demandent de relire des œuvres que je leur ai lues en début d’année ».

Pour Robert Logé, enseignant de la classe de CE1, ces après-midi ont un intérêt au-delà de l’apprentissage de la lecture : « On remarque tout de suite que les enfants ont un autre comportement vis-à-vis des textes. Ils ont aussi un autre comportement d’écoute, d’attention et de développement de l’imaginaire ». Et l’initiative semble porter ses fruits : « Dans la semaine, ils demandent quel est le jour où la personne revient faire la lecture », ajoute le professeur.

Un mélange de générations

Seule condition pour devenir lecteur, être âgé de plus de 50 ans : « Le but est d’entretenir des relations intergénérationnelles, d’adultes de plus de 50 ans, envers de jeunes enfants », explique Nicole Ottenad-Seelig, retraité de la fonction publique. Dans le cadre de leurs études, des étudiants en lettres de l’Université de Lorraine participent aussi à l’initiative : « Ils observent deux ou trois séances et après ils se lancent. On regroupe comme ça trois générations ».

Emile KEMMEL
Publié dans Le Républicain Lorrain le 7 mars 2020
Le Républicain Lorrain (édition de Metz-Orne) – 07/03/2020

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