Les déchets des Messins s’offrent une seconde vie

Chaque jour, plus de 200 tonnes de déchets sont collectées dans les communes de Metz Métropole. Une fois emportées dans les camions-bennes, que deviennent les contenus de nos poubelles ? Si vous pensez que vos ordures ne valent rien, vous vous trompez.

Les déchets recyclables sont compactés et exportés pour être traités par des usines spécialisées.  Photo RL /Gilles WIRTZ

À Noisseville, depuis l’arrivée des bacs en 2017, le camion ne passe plus qu’une fois par semaine. Il ramasse, d’une pierre deux coups, déchets ménagers et emballages recyclables, dans une benne spécifique scindée en deux. Les rippeurs, en charge de la collecte, préfèrent ce système : « C’est plus hygiénique et beaucoup moins fatigant », explique l’un d’eux. Mme Fouligny, la maire du village, abonde dans leur sens : « Une fois les bacs rentrés, les rues sont propres. Il n’y a plus de problème de sacs percés »

Après la collecte, le tri !

Les camions rejoignent ensuite le centre de revalorisation des déchets d’Haganis, au bout de l’avenue de Blida, à Metz. Là, un premier séparateur mécanique écarte journaux, revues et magazines qui représentent près d’un tiers des matériaux recyclables réceptionnés. Ils sont envoyés dans l’usine Norske Skog, dans les Vosges, une des plus grosses usines de recyclage d’Europe, pour redevenir du papier qui servira à imprimer votre journal de demain.

Mais une grande partie du tri se fait manuellement par des agents, qui séparent bouteilles en plastique, briques de lait, canettes en aluminium et autres cartons. Chaque matériau est compressé en cube pour faciliter son exportation dans d’autres usines situées en France mais aussi en Allemagne, région frontalière oblige.

Rien ne se perd, tout se transforme…

En cabine, des agents séparent les différents matériaux.  Photo RL /Gilles WIRTZ

Les ordures ménagères, elles, font l’objet d’une « valorisation énergétique » et servent à alimenter le chauffage urbain de Metz Métropole. « Des chaudières placées au-dessus des fours produisent de la vapeur d’eau qui est envoyée à l’usine d’électricité située à proximité », explique Daniel Schmitt, le directeur général d’Haganis. Chaque année, les déchets permettent la production de plus de 210 000 MWh d’énergie, soit l’équivalent du chauffage de 15 000 logements.

Les résidus de combustion, appelés mâchefers, sont récupérés et serviront de remblai à la fabrication des routes. Les gravats déposés en déchèteries, et qui étaient jusqu’en 2018 enfouis, sont aussi valorisés puisqu’en un an, 15 000 tonnes ont été transformées et réutilisées dans des chantiers de travaux publics.

Une impulsion politique mais aussi citoyenne

« Si tout est fait pour permettre un recyclage optimum de nos déchets, la meilleure solution reste d’en diminuer la production », explique François Henrion, président de la commission collecte, traitement et valorisation des déchets de Metz Métropole.

Pour cela, plusieurs actions ont été mises en place comme l’accompagnement des particuliers dans le compostage, la collecte en déchetterie au profit d’Emmaüs, la création d’un « gourmet bag » pour les restaurateurs… Mais surtout, par l’éducation des générations futures avec des initiations au tri dans les écoles ou des opérations de lutte contre le gaspillage alimentaire dans les cantines.

Emile KEMMEL
Publié dans Le Républicain Lorrain le 29 août 2019.
Le Républicain Lorrain (édition de Metz-Orne) – 29/08/2019

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