Lycée 4.0 : les élèves spinaliens passent au numérique

Cette année, les lycées Claude-Gellée et Pierre-Mendès-France d’Épinal intègrent le programme « Lycée 4.0 » mené par la Région Grand Est. Un mois après la rentrée, premier point sur la mise en place du dispositif.

Dans son cours de physique-chimie, M. Couraux utilise surtout l’ordinateur pour consulter le manuel scolaire. Photo VM/Jean-Charles OLÉ

Après deux ans d’expérimentation dans certains lycées, la région Grand Est lance son programme « Lycée 4.0 » à grande échelle. Ainsi, 182 établissements rejoignent les 111 déjà en test.

À Épinal, deux lycées se trouvent nouvellement équipés, Claude-Gellée et Pierre-Mendès-France. Ils rattrapent ainsi l’établissement régional d’enseignement adapté François-Georgin et le lycée Viviani, équipés dès 2017. Seul le lycée Lapicque devra attendre la rentrée 2020 pour rejoindre le dispositif.

Au total, 115 000 ordinateurs (dont près de 1 000 pour les lycéens spinaliens) ont été commandés pour les élèves de la région Grand Est.

« Des outils indispensables »

Patrick Valentin, le proviseur du lycée Pierre-Mendès-France, se dit ravi que son établissement fasse partie du dispositif : « Il y a quinze ans, il fallait apprendre aux élèves à se servir d’un ordinateur. Ce temps est révolu, il faut désormais leur apprendre à bien s’en servir. » Et les élèves ont bien compris l’intérêt : « C’est indispensable aujourd’hui de maîtriser les outils informatiques, pour n’importe quel métier », résume un élève.

Du côté des professeurs aussi, on voit les avantages : « Pour la compréhension orale, chacun va pouvoir avancer à son rythme », explique M. Bricheux, professeur d’anglais.

Pour sa collègue de mathématiques, Mme Jacobé, l’outil n’est pas nouveau : « On utilisait déjà des logiciels de programmation, mais on perdra moins de temps à changer de salle. » Cependant, l’enseignante s’inquiète de la surexposition des élèves aux écrans et des problèmes oculaires liés.

Pour que tout le monde puisse surfer, il a fallu adapter et moderniser le réseau internet pour supporter le flux. Au total, 70 bornes ont été installées sur l’ensemble de l’établissement. « Mais elles sont désactivées de 23h à 7h dans les bâtiments de l’internat, précise le proviseur. Nous ne sommes pas dupes, ce n’est pas ça qui va empêcher les élèves d’utiliser leur smartphone la nuit », confesse Patrick Valentin.

Des problèmes de mise en route

Concernant les problèmes techniques, le proviseur concède : « Il existe bien évidemment quelques problèmes de mise en route, mais cela fait seulement un mois que les élèves ont reçu leur ordinateur. »

Parmi les problèmes, l’installation des logiciels permettant d’accéder aux livres ou encore les logiciels de la suite Office : « Les élèves sont livrés à eux-mêmes », s’agace Mme Jacobé. Même constat au lycée Claude-Gellée : « En cours, internet ne fonctionne pas toujours, surtout quand tout le monde se connecte en même temps », témoigne Jérémy, élève en classe de seconde.

Émile KEMMEL

Les professeurs formés aux outils numériques

Vendredi 4 octobre, une journée de formation était organisée pour les professeurs du lycée Claude- Gellée par la DANE, la délégation académique pour le numérique éducatif. « Le but de cette formation est de présenter le nouvel environnement numérique de travail (ENT) aux professeurs, intitulé “Mon bureau numérique”. Grâce à cette plateforme, ils bénéficient d’une messagerie, d’un espace pour donner et récupérer des devoirs et mettre en ligne des cours ou encore d’un accès aux manuels », explique Julie Larche, la formatrice.

C’était également l’occasion pour les professeurs de poser leurs questions et exposer leurs problèmes. Comment entrer en contact avec les parents ? Donner un devoir à faire ? Afficher le manuel ?

Le numérique pour tous !

Pour Pascale Mougeolle, professeure de lettres au lycée Claude-Gellée, équiper chaque élève d’ordinateur « permet d’offrir l’accès à internet à tous et d’apporter le numérique dans certaines familles ! ». Mais attention, le numérique pour tous, ce n’est pas le tout numérique, tient-elle à préciser. « L’ordinateur est un outil complémentaire. Dans une séance, je peux choisir de moduler selon les besoins et n’utiliser l’ordinateur que vingt minutes », souligne l’enseignante.

« L’ordinateur est un véritable atout », abonde dans son sens Eric Bricheux, son collègue d’anglais au lycée Pierre-Mendès- France. « Pour les compréhensions orales, ça permet à chaque élève d’avancer à son rythme et de faire des pauses dans l’écoute. »

E.K.

« Maintenant, vous fermez les ordis »

Avec sa classe de seconde du lycée Claude-Gellée, Pascale Mougeolle étudie une poésie de Ronsard. « En classe, on utilise l’outil LyText, une plateforme en ligne développée par des professeurs de l’académie et qui donne accès à une banque de textes qui est surtout utile pour les épreuves du bac », explique celle qui a participé à son élaboration.

Sur le tableau blanc, le texte apparaît grâce au vidéo-projecteur accroché au plafond. Mais elle le distribue aussi en format papier aux élèves, pour qu’ils puissent l’annoter. Exit le volontaire désigné pour lire (médiocrement) le texte : un lecteur audio intégré à la plateforme diffuse la voix grave d’un acteur qui incarne le poème du XVIe siècle. « Les élèves sont plus attentifs quand la voix leur est inconnue », observe la professeure.

En complément du texte, Pascale Mougeolle invite ses élèves à rechercher sur leur ordinateur un tableau de Rachel Ruysch. Après un certain temps pour que chacun se connecte, tous voient la nature morte dont il est question sur leur écran. « Maintenant, vous fermez les ordis », lâche l’enseignante, après une dizaine de minutes d’analyse de l’œuvre.

Retour à l’étude de texte, chacun prend note sur sa feuille de papier.

E.K.
Publié dans Vosges Matin le 10 octobre 2019

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