Olivier Véran face aux députés : le résumé point par point

Le ministre de la Santé, Olivier Véran était face aux députés de la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale ce mardi midi. Durant une heure, il a répondu aux différentes questions des députés et s’est expliqué sur la stratégie vaccinale mise en place avant de rejoindre, dans l’après-midi, le Palais du Luxembourg pour répondre cette fois face à la commission des affaires sociales du Sénat.

Durant cette audience présidée par Fadila Khattabi, qui a comme Olivier Véran quitté le PS pour rejoindre les rangs de La République en Marche, le ministre n’a pas fait de grande annonce mais a surtout tenu à rassurer les députés : « Nous ne naviguons pas à vue », a-t-il notamment déclaré dès son propos introductif.  Cette audition a lieu à la veille de l’ouverture de la campagne de vaccination aux personnes de plus de 75 ans, soit près de 5 millions de personnes, qui devrait marquer une véritable accélération de la campagne de vaccination en France, à l’heure où seulement 138 351 personnes ont été vaccinées, principalement dans les EHPADs, représentant moins de 0,25% de la population.

  • Pas de « vaccinodrome »

On se souvient des vaccinodromes déserts qui avaient valu de nombreuses critiques à la prédécésseure d’Olivier Véran, Roselyne Bachelot, et qui occupe désormais le ministère de la culture, lors de la grippe A/H1N1. L’actuel ministre souhaite absolument éviter de refaire la même erreur, alors que de nombreux Français restent méfiants vis à vis de la vaccination.

Face aux députés, le médecin de formation a précisé que la vaccination se ferait dans des centres répartis sur l’ensemble du territoire : maximum 6 à 7 centres par département, afin d’éviter les éventuelles erreurs d’acheminement du vaccin qui nécessite des conditions de transport spécifiques. Le ministre s’est également félicité de la rapidité de l’ouverture de ces centres : « Nous devrions dépasser l’objectif des 300 centres cette semaine et celui de 600 centres dans deux semaines ».

Aux élus souhaitant se faire vacciner en priorité pour « montrer l’exemple », comme le député de Moselle Belkhir Belhaddad, le ministre a répondu que « l’exemplarité d’un élu, c’est d’attendre son tour », avant de préciser qu’étant lui-même âgé de moins de 50 ans, il se ferait vacciner en temps voulu. Le ministre a également précisé que le « monsieur vaccination » du gouvernement, Alain Fisher, publierai prochainement une liste des pathologies permettant aux personnes de moins de 75 ans de se faire vacciner.

  • Aucune polémique selon le ministre

Face aux interrogations des députés de l’opposition, Olivier Véran a balayé d’un revers de manche les différentes polémiques. 

Pour répondre à celle sur le manque d’aiguilles, le ministre de la Santé a détaillé les stocks actuellement disponibles pour la campagne de vaccination : plus de 3 millions d’aiguilles en stock, sans compter les commandes en cours. Autant dire, un nombre largement suffisant pour atteindre le million de vaccination qu’espère le Premier ministre d’ici la fin du mois de janvier.

Il a également précisé que chaque département français était en possession d’un « super-congélateur » (excepté Mayotte qui doit être livre d’ici la fin du mois de janvier), et était ainsi en mesure de stocker le fameux vaccin de Pfizer-BioNtech qui nécessite d’être conservé à -70°C.

Par ailleurs, celui qui présidait cette même commission avant son entrée au gouvernement a également été interrogé sur l’appel au cabinet de conseil américain McKinsey pour mettre en place la campagne de vaccination. Le ministre a assumé ce choix, en soulignant qu’il était fréquent de faire appel à des cabinets de conseil, avant d’ajouter que d’autres pays en Europe avaient fait ce même choix.

Il a également répondu à Jean-Luc Mélenchon, qui s’était offusqué le matin même sur Twitter du choix d’une entreprise privée comme Doctolib pour la prise de rendez-vous pour la vaccination : « Nous pouvons nous enorgueillir d’avoir des sociétés françaises qui fonctionnent bien et qui sont prêtes », en précisant que l’Allemagne avait également choisit l’entreprise française.

  • Ouverture des données de la vaccination en Open Access

« La transparence n’est pas un handicap », a assuré face aux députés le ministre qui a annoncé que les données de la vaccination seront rendues publiquesquotidiennement, avant 19h30, permettant ainsi de suivre l’évolution de la vaccination en France, région par région. Le ministre a également promis que seront rendues publiques l’état des stocks des vaccins.

L’Open Data avait déjà était mise en place avec les données d’hospitalisation et avait permis l’émergence d’outils comme Covid Tracker, développé par Guillaume Rozier, un jeune développeur diplômé de TELECOM Nancy, une école d’ingénieurs du numérique rattachée à l’Université de Lorraine. La veille, il avait mis la pression sur le ministère sur les réseaux sociaux pour que celui-ci communique publiquement les chiffres de la vaccination.

 « L’Open Data et la transparence sont nécessaires à la démocratie », a-t-il réagit à l’annonce du ministre. Cependant, il souligne le manque de précision des données communiquées qui ne spécifient pas la catégorie des personnes vaccinées (EHPAD, personnel soignant ou population générale) ou encore la tranche d’âge des personnes vaccinées.

Ce mercredi 13 janvier, c’est Alain Fischer qui doit répondre aux questions de la même Commission des Affaires sociale de l’Assemblée nationale.

Cet article a été rédigé mardi 12 janvier lors d’un atelier dans le cadre du master de journalisme.